ENRC

LONDRES – Après une enquête de dix ans, le Serious Fraud Office du Royaume-Uni a annoncé la clôture de son investigation contre Eurasian Natural Resources Corporation (ENRC), une filiale d’Eurasian Resources Group (ERG) basée en République Démocratique du Congo (RDC). L’enquête, qui avait été ouverte en 2013, alléguait que ENRC avait versé des pots-de-vin pour obtenir des contrats miniers lucratifs en RDC entre 2009 et 2012.

Dans une mise à jour publiée sur son site web le 24 août 2023, le Serious Fraud Office a révélé qu’ils ne disposaient pas de suffisamment de preuves admissibles pour engager des poursuites contre la société. Cette annonce met fin à une saga judiciaire qui a duré une décennie, marquée par des allégations de corruption et d’inconduite dans le secteur extractif africain.

L’affaire ENRC rappelle que ce n’est pas la première fois qu’une enquête judiciaire est ouverte à l’étranger pour des actes de corruption impliquant des entreprises et des hommes d’affaires opérant dans le secteur minier en Afrique. Le milliardaire israélien Dan Gertler, bien connu pour ses activités minières en RDC, fait l’objet d’une enquête américaine pour avoir présumément corrompu des fonctionnaires étrangers. À ce jour, il est sous le coup de sanctions américaines.

De plus, le Serious Fraud Office a précédemment conduit la justice britannique à condamner Glencore à une amende record de 276 millions de livres sterling en novembre dernier pour des actes de corruption présumés au Nigeria, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Guinée équatoriale et au Soudan du Sud.

Il est important de noter qu’ENRC partage les mêmes fondateurs qu’ERG, une société non cotée en bourse qui est aujourd’hui propriétaire de plusieurs projets de cuivre et de cobalt en Zambie et en RDC. Cette clôture d’enquête suscite des interrogations sur les défis liés à la poursuite de la corruption transnationale et à la nécessité de preuves solides pour engager des poursuites.

Cette décision met en lumière les complexités entourant les enquêtes de corruption à l’échelle internationale et soulève des questions sur la capacité des autorités à traduire en justice les entreprises impliquées dans de tels actes. Alors que l’ENRC retrouve un semblant de tranquillité, le débat sur la lutte contre la corruption dans le secteur extractif africain continue de faire rage, mettant en exergue les défis persistants auxquels sont confrontées les autorités judiciaires internationales.